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Soutien M. Dursun Yusuf Karaca

lundi 21 août 2006, par Maison Populaire de Genève

Genève le , 21/08/2006

Concerne : arrestation de Monsieur Yusuf Karaca

Apres 89 jours de grève de la faim, Monsieur Yusuf Karaca est menacé de mort a l’hôpital de la prison de Kassel. Réfugié kurde reconnu, il est menacé d’expulsion vers la Turquie. Il a été emprisonné le 3 mai 2006. Le 23 mai 2006, le Haut Tribunal de Francfort a scandaleusement confirmé son expulsion.


Dès ce 25 mai 2006, Yusuf Karaca a entamé une grève de la faim pour protester contre son arrestation et son extradition.

Monsieur Karaca a été arrêté en 1993 par les autorités turques pour ses activités politiques et incarcéré 10 ans durant. Le 10 décembre 1996, le Tribunal de sécurité d’Etat d’Izmir l’a condamné à une peine de prison à perpétuité. Malgré la fin de l’état d’exception et la dissolution de ce tribunal, les sentences ont été maintenues.

Suite à une grève de faim de 500 jours, il a bénéficié d’une liberté conditionnelle en 2002. Yusuf Karaca est parvenu à s’échapper d’hôpital et à se réfugier en Allemagne. En 2005, le Ministère de l’Intérieur a reconnu son statut de réfugié politique. Il prenait part à un cours d’intégration linguistique quand il a été arrêté. La Turquie a en effet formulé une demande d’extradition pour l’avoir sous son contrôle.

Le Ministre Fédéral de la Justice, le Ministère de la Justice de l’Etat de Hesse violent ouvertement le statut de réfugié de Monsieur Karaca. Les Juges fédéraux Gürtler, Pohl et

Enderes-Krunze savaient parfaitement que Yusuf Karaca ne pouvait pas être renvoyé, compte-tenu de son statut de réfugié politique. Le Ministre de la Justice chypriote et le Ministre d’Etat de Hesse, Monsieur Banzer, ont été saisis, afin que ce soient annulées la sentence et la demande d’extradition. Les juges de Francfort, qui font fi de ces éléments juridiques élémentaires devraient reprendre les livres de Droit et étudier le chapitre § 60 de la loi sur l’asile allemande !

Nous appelons chacune et chacun à la solidarité. Monsieur Karaca risque la mort en cas d’extradition. Son état physique et psychologique est critique, ses proches et amis sont inquiets. La Turquie est un Etat reconnu pour la pratique systématique de la torture. Or, nous vous rappelons que l’article 3 alinéa 1 de la Convention de 1951 (et son complément de 1967) contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants – dont l’application est universelle - stipule qu’ “ aucun Etat partie n’expulsera, ne refoulera, ni n’extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu’elle risque d’être soumise à la torture”.

Par conséquent, nous vous demandons instamment d’intervenir auprès des autorités compétentes, en Allemagne et ailleurs, afin d’empêcher l’extradition de Monsieur Karaca vers un pays où l’attendent la prison et vraisemblablement la torture.

En vous remerciant par avance pour votre compréhension et pour l’attention que vous porterez à ce courrier, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.

Copie à : Haut-commissariat aux Réfugiés – Genève,Commission des Droits de l’Homme de Genève,Mission permanente d’Allemagne auprès des Nations Unies - Genève,Organisation Mondiale Contre laTorture – OMCT,Centre Tier-Monde (CETIM),Assocition for the Prevention of Torture APT (Genève),Human Rights Wacht,Amnesty International, La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH),


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